mercredi 11 janvier 2006, par Olivier
Le Royaume-Uni et l’Arabie Saoudite resserrent leurs liens. Les deux gouvernements ont conclu un protocole d’accord le 21 décembre à Riyad portant sur l’achat de 48 Eurofighter Typhoon en commande ferme et 24 options. L’accord se trouvant sous le sceau de la confidentialité, on ignore la date de livraison de ces avions de combat. Le montant de l’accord est en revanche estimé à 18 milliards de dollars.
Ce protocole pourrait être la nouvelle phase d’Al-Yamamah, le plus grand accord de vente d’arme jamais signé par le Royaume-Uni. Les Eurofighter Typhoon sont destinés à remplacer progressivement un premier lot de Tornado de l’armée de l’air saoudienne (RSAF), dont les premiers exemplaires sont en service depuis 1989.
Mais ce partenariat ne se limite pas à la livraison d’appareils de combat. L’accord stipulerait également que les relations entre les deux gouvernements devraient être renforcées, notamment par la mise en commun de certaines formations et certaines opérations militaires. Le Royaume-Uni poursuivra le développement d’un centre industriel régional de défense, investissant dans des compagnies saoudiennes, ouvrant des installations pour BAE Systems dans le pays du Moyen-Orient et développant un plan de transfert de technologies.
Il s’agit tout de même là de la première vente de l’Eurofighter en dehors de l’Europe. Consortium entre le britannique BAE Systems, EADS et l’italien Alenia Aeronautica, la compagnie a développé un appareil de combat destiné à assurer la défense aérienne européenne au XXIe siècle. L’EF-2000 que cette coopération a produit est un avion chasseur multirôle au plan canard, pouvant voler à plus de 2000km/h et bénéficiant d’un rayon d’action de 550km. La France, partenaire du projet à sa naissance en 1983, s’est retirée pour développer son propre appareil de combat, le Rafale de Dassault. Il serait d’ailleurs aussi question que l’Arabie Saoudite commande un certain nombre d’appareils du constructeur français.