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Retour réussi pour la sonde Stardust

Le 15 janvier, à 10h10 TU, la capsule de la sonde Stardust, renfermant les échantillons de particules cométaires, a attéri avec succès dans le désert de l’Utah

samedi 28 janvier 2006, par Olivier


L’atterrissage de Stardust s’est parfaitement déroulé. La capsule de Stardust (45,7 kg), d’un diamètre de 80 cm, s’est posée en douceur, sous son parachute, sur le même site que Genesis dans le désert de l’Utah. C’était la troisième récupération d’une matière extraterrestre de l’histoire de l’astronautique après les échantillons lunaires des missions américaines et soviétiques (Apollo et Luna) et ceux de Genesis. Ce succès efface l’échec du 8 septembre 2004. Ce jour-là, la capsule de la sonde Genesis (210 kg) s’était écrasée à l’atterrissage sur l’Utah Test & Training Range dans la région de Salt Lake City. Après un voyage de trois ans et huit mois, elle ramenait des échantillons (20 à 30 micro grammes) des particules du vent solaire (isotopes d’oxygène) récoltés au point de Lagrange L-1. Néanmoins, les échantillons étaient restés intacts et la Nasa avait réussi à les récupérer.

Un vol de sept ans. Stardust (380 kg), qui était la quatrième mission du programme Discovery de la Nasa, avait été lancée il y a sept ans, le 7 février 1999. La mission avait coûté 200 M$ dont 128 M$ pour la sonde construite par Lockheed Martin, 37 M$ pour les opérations et 35 M$ pour le lancement par une fusée Delta-2. Le 2 janvier 2004, la sonde avait survolé la comèteWild-2 (5,4 km de diamètre) d’une distance de 236 km (au lieu des 160 km prévus). Elle avait alors prélevé des échantillons de poussières cométaires et interstellaires dans la chevelure de la comète. Les particules avaient été piégées par une couche d’aérogel qui se trouve dans le collecteur en forme de raquette de tennis. Les échantillons seront analysés au centre Johnson de Houston (Texas). Ce sont des grains de matière primordiale dont la dimension peut aller d’un micron à quelques dizaines de microns (les plus grands devraient mesurer jusqu’à 50 microns). Leur quantité peut se compter en milliers ou en millions et leur masse totale est de quelques milli ou micro-grammes. La Preliminary Examination Team (PET), à laquelle participent quelques français, fera une analyse préliminaire et procédera à la caractérisation des grains piégés dans l’aérogel. Puis un appel d’offres sera lancé auprès de la communauté scientifique internationale selon la même méthode que les échantillons lunaires à la fin des années 1960. Pour sa part, le Cnes coordonne et finance (200.000 euros sur trois ans) les huit équipes scientifiques françaises qui vont répondre à l’appel d’offres.

Equipes françaises. Il s’agit du Muséum d’histoire naturelle de Paris, de deux équipes du Centre de recherches pétrographique et géochimique (CRPG) de Nancy, de l’Ecole normale supérieure (ENS) de Lyon, de l’Institut d’astrophysique spatiale (IAS) d’Orsay, du laboratoire de planétologie de Grenoble, du laboratoire de structure et propriétés de l’état solide de Villeneuve-d’Ascq (région de Lille) et du Centre de spectrométrie nucléaire et de spectrométrie de masse (CSNSM) d’Orsay. Ils disposent tous d’installations particulièrement performantes pour analyser les échantillons. Il sera également fait appel au synchroton de Grenoble. Par ailleurs, parallèlement à la phase d’extraction des grains, la Nasa va faire appel à un microscope virtuel sur Internet. A l’instar de ce qui avait été fait par le Seti (Search for Extra-terrestrial Intelligence), les internautes bénévoles pourront faire de la microscopie en 3D sur des petites parties de la surface de l’aérogel. Cela permettra d’accélérer le travail car il devrait nécessiter jusqu’à 30.000 h/homme. Au total, il faudra environ un an pour distribuer les grains - qui seront extraits un par un - dans les différentes équipes. La comète Wild-2 avait été choisie pour cette mission en raison de son histoire. Encore récemment, elle ne venait que très rarement près du Soleil (comète à longue période). Mais, en 1974, un passage près de Jupiter a modifié son orbite, la faisant passer plus souvent près du Soleil. Néanmoins, avant ce changement récent d’orbite, elle n’avait pratiquement pas perdu de matière originelle, contrairement aux comètes à courte période qui perdent beaucoup de matière lors des multiples passages près du Soleil. Déjà, le 4 juillet 2005, la Nasa avait connu un succès retentissant lors de l’impact de l’obus de 372 kg largué par la sonde Deep Impact sur la comète Tempel-1. L’impact oblique (30°) avait provoqué une évaporation initiale à 5 km/s suivie d’un panache de poussières à 1 km/s. Nous ne savons toujours pas si, sous la croûte solide, la comète est uniformément remplie de glace sale ou remplie de plusieurs boules de glace distinctes. Puis, fin novembre 2005, nous avions d’abord cru que la sonde japonaise Muses-C/Hayabusa avait réussi à prélever des échantillons de l’astéroïde 1998SF36/Itokawa et qu’elle allait les ramener sur Terre. Cependant, la joie avait rapidement laissé la place à la déception. En effet, le contact fut perdu avec le microrover Minerva dès son largage le 12 novembre. Puis la première tentative de récolte d’échantillons échouait le 19 novembre. Enfin, lors de la seconde tentative le 25 novembre, la sonde fut endommagée par le choc brutal de l’impact. D’une part, la collecte d’échantillons n’avait pas eu lieu et, d’autre part, le retour sur Terre fut retardé de trois ans (à juin 2010). Reste la sonde cométaire européenne Rosetta, lancée le 2 mars 2004, doit survoler l’astéroïde Steins à la fin 2008, puis déposer un atterrisseur sur la comète Tchourioumov-Guerassimenko en août 2014.


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