AERO-WEB.INFO

Accueil du site > Hélicoptères Militaires > Mi-28N, le parcours du combattant

Mi-28N, le parcours du combattant

Le 1er Mi-28N de série a volé, mais l’indisponibilité de certains systèmes pèse sur le programme.

dimanche 8 janvier 2006, par Olivier


Le 27 décembre 2005, le troisième Mi-28N, présenté comme "le premier Mi-28N de série" faisait son premier vol à Rostov-sur-le-Don. Trois de ces hélicoptères de série avaient été commandés à l’usine de Rostvertol au printemps 2005 par le ministère de la Défense. Les deux hélicoptères de série qui suivront celui qui a volé le 27 décembre seront prêts à des intervalles de 2-3 mois. Ils rejoindront les deux prototypes aux essais, dont le premier (OP-1), fabriqué dans les ateliers de Mil à Moscou, a volé le 14 novembre 1996. Le second prototype a commencé fin juin 2005 les essais de réception concernant le véhicule aérien.

JPG - 71.2 ko

Selon le projet de budget 2006 annoncé en Russie à la mi-décembre 2005, le ministère de la Défense achèterait 8 Mi-28N, dont les 3 déjà commandés au printemps 2005 et 5 à commander en 2006. La vieille rivalité entre le Mi-28N et le Ka-52 de Kamov pour l’équipement des forces armées russes n’avait jusqu’à récemment aucune signification pratique, faute de financement disponible pour la commande. Ce n’est qu’en 2004 que le général Vladimir Mikhailov, commandant en chef des forces aériennes, annonce que le Mi-28N a été choisi et que "jusqu’à 50 hélicoptères seront acquis d’ici 2010". Cependant, des doutes pèsent sur les objectifs annoncés en raison de l’indisponibilité des systèmes.

Immaturité. L’obstacle principal est l’immaturité de la boîte de transmission VR29. En principe, seuls les hélicoptères dont la boîte de transmission a plus de 300 heures de service peuvent être admis aux essais de réception en Russie. Les rivaux de Mil clament que celle du VR29 est de seulement 100 heures. L’hélicoptériste refuse de divulguer des données spécifiques concernant ce point, et les informations officielles se bornent à affirmer que "les heures de fonctionnement de la boîte de transmission n° 8 en cours de tests remplissent les conditions du ministère de la Défense". Cette boîte à 4 étages pèse 780 kg et peut transmettre 3.800 kW (la série est motorisée par des turbines VK-2500 de 1.790 kW).

Incertitude sur les systèmes. Encore plus délicate est la situation des systèmes de mission, qui n’ont pas encore pris forme. Le problème majeur concerne le radar NO25 Almaz-280, développé initialement par la compagnie moscovite Almaz, spécialisée dans les systèmes antiaériens. Mais Almaz avait abandonné le développement, car le dispositif s’écartait trop largement du profil de base de la société. Le travail se poursuit donc actuellement à l’usine GRPZ de Riazan, futur producteur en série du radar. Le premier devait être installé sur l’hélicoptère vers la fin 2005 (toutefois, l’appareil qui a volé le 27 décembre n’avait pas d’antenne radar sur son mât rotor). L’antenne du radar N025 sera installée dans un grand dôme sphérique au sommet du mât rotor. Il fonctionne dans 2 bandes de fréquence : Ka (millimétrique) et X (centimétrique). La bande X est utilisée pour la détection des cibles aériennes jusqu’à 20 km, et pour l’observation de phénomènes météorologiques jusqu’à 100 km. La bande Ka sert à cartographier la surface et à rechercher des cibles de surface jusqu’à 10 km, ainsi que pour détecter des obstacles pour le suivi de terrain automatique.

Changement de tourelle ? Le système de base pour la conduite de tir, la tourelle optronique Tor, a vu le jour il y a plusieurs années chez la compagnie Zveryev. Installé à l’avant du fuselage, il possède trois voies : optique,TV et imagerie thermique. Zveryev continue de travailler sur le Tor, mais la société est dans une situation économique dramatique. Aussi les concepteurs du Mi-28N considèrent-ils de remplacer l’unité Tor par l’une des variantes de la tourelle Goes d’UOMZ, leader incontesté des tourelles optroniques. Une autre tourelle optronique plus simple sert au le pilotage jour/nuit du Mi-28N. Le premier prototype du Mi-28N était équipé d’un Stolb, qui sera maintenant remplacé par des Toes-521 d’UOMZ. Mais, à ce jour, les prototypes sont seulement dotés de maquettes en bois du Toes-521. Un visuel de casque, combiné avec la tourelle optronique, est en cours d’essais. L’armement antichar du Mi-28N sera constitué de missiles 9M120 Ataka et 9M123 Khrizantenna, avec une portée de 6.000 km. Les deux types de missiles sont produits en série.


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette