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Le Rafale Marine fait la totale

Toutes les configurations d’emport de missiles, présentes et futures, ont été testées sur le porte-avions.

dimanche 8 janvier 2006, par Olivier

La sortie CDG-06 du porte-avions nucléaire, début décembre, avait pour but principal de préparer la mission Agapanthe 06 dans l’océan Indien au printemps prochain. Mais elle a aussi donné lieu à une activité technique d’une rare intensité pour les équipages de l’aéronavale, qui ont réalisé une première au passage : les essais au catapultage et à l’appontage du missile air-air européen à statoréacteur Meteor sous Rafale.

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Mis à part le Meteor, ce sont tous les emports programmés au standard F3 du Rafale (capacités air-air, air-sol, nucléaire et antinavire) qui ont été testés à l’occasion de cette campagne. A commencer par l’Exocet AM-39 qui, étant spécifique au Rafale Marine, n’avait pas fait d’essais à terre et a réalisé alors l’ouverture de son domaine de navalisation sur son rail de lancement (LM3787) qui a été développé dans le cadre des études F3 notifiées à MBDA en février 2004.

Configuration lourde. Les essais Exocet ont été réalisés en configuration lourde, soit un AM-39 au point central fuselage, deux Mica EM aux points fuselage latéraux arrière, deux Mica EM aux points 2 voilure, un Mica IR et une maquette Mica EM instrumentée en bouts d’aile, ainsi que deux bidons supersoniques de 2.000 litres aux points 1 voilure. Un total de 18 vols (avec ou sans Exocet sur le rail, catapultages du Rafale plein gaz avec et sans postcombustion (PC), appontages avec prise de brin, "touch and go") a permis d’identifier les sollicitations mécaniques auxquelles étaient soumis les matériels en vue d’un premier tir global du missile antinavire sous Rafale F3 prévu en 2007. La navalisation du Scalp-EG ayant été réalisée au titre des études F2, la sortie CDG-06 s’est contentée de quatre essais de catapultages avec PC pour vérifier les conditions en configuration lourde Marine, soit un ScalpEG au point central (contre deux sous voilure pour le Rafale Air), six Mica et deux bidons de 2.000 litres. Au passage, les essais Scalp-EG ont également mis en jeu son conteneur (à roulettes) pour une visite d’aptitude à l’emploi, épreuve au cours de laquelle celui-ci a notamment démontré qu’il pouvait être utilisé directement comme berceau de mise à poste du missile sous l’avion. Pour le missile nucléaire ASMP-A, les essais ont porté sur une maquette du missile et un lanceur instrumenté qui ont également subi l’épreuve de douze cycles de catapultages et appontages (avec et sans PC) en configuration lourde également, soit un ASMP-A, six Mica et deux bidons. Les prochains essais de navalisation viseront à vérifier les performances du système après catapultage.

Essais Mica. Au cours de cette campagne, une maquette instrumentée de Mica EM était installée en extrémité de voilure, une position normalement réservée au Mica W. Cette particularité s’expliquait par la nécessité de compléter le domaine de navalisation du missile, qui est aujourd’hui opérationnel sur Rafale marine au standard F1, c’est-à-dire en configuration légère. Cette série d’essais, si ses résultats après dépouillement sont conformes, représentait pour le Mica l’ultime étape avant qu’il ne soit déclaré opérationnel pour les configurations lourdes du Rafale sur "Charles-de-Gaulle".

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